Carcinogenèse associée aux HPV : facteurs prédictifs et pronostiques

Notre programme de recherche est centré sur la carcinogenèse associée aux papillomavirus humains (HPV) et s’inscrit dans le premier objectif du plan Cancer III qui est de « Favoriser des diagnostics plus précoces » des cancers et en particulier « Faire reculer les inégalités face au cancer du col utérin ».
Nos travaux de recherche se focalisent sur les précancers et les cancers associés aux papillomavirus humains (HPV) et s’articulent autour de trois thématiques prioritaires qui visent à :
(i) Améliorer la compréhension des mécanismes moléculaires de la carcinogenèse associée aux HPV. Ceci reste un défi permanent et suscite beaucoup d’espoirs pour développer de nouvelles approches thérapeutiques ou de prévention. Nous orientons nos travaux sur la régulation de l’expression et les fonctions des transcrits et des isoformes de E6 et E7 d’HPV16 et notamment, l’implication de la voie de signalisation des récepteurs nucléaires PPAR et son impact sur la transition épithélio-mésenchymateuse, évènement clé favorisant l’envahissement métastatique.
(ii) Mieux décrire l’histoire naturelle des infections à HPV, au niveau du col de l’utérus, de l’anus et des voies aréodigestives supérieures. En effet, s’il est admis que la persistance de l’infection par un HPV est le facteur de risque majeur du développement d’un cancer, de nombreuses questions relatives aux déterminants de cette persistance restent ouvertes parmi lesquelles : Peut-elle être prédite par des biomarqueurs ? Quel est le rôle du système immunitaire ? Par ailleurs, le suivi personnalisé des patients traités pour une lésion (pré-)cancéreuse associée à un HPV est un enjeu important pour identifier le plus précocement toute lésion résiduelle ou tout risque de récidive et adapter la prise en charge des patients.
(iii) Évaluer les actions de prévention primaire (vaccination) et secondaire (dépistage) qui doivent faire reculer les cancers du col de l’utérus, mais aussi des autres localisations en limitant la circulation des papillomavirus. Dans ce contexte, il est important de mettre en place des outils permettant de mesurer l’impact des actions de prévention en population, notamment sur la morbi-mortalité cervico-utérine, mais aussi anale et ORL et sur l’écologie virale. Il reste aussi essentiel de tester de nouvelles approches de prévention/traitement des cancers associés aux HPV.
Nous conduisons une recherche translationnelle c’est-à-dire que les données issues de la recherche biologique ont pour objectif une validation clinique et le transfert d’outils d’investigation au bénéfice du patient (bench to bed). À l’inverse, les résultats issus de la recherche clinique ont pour objectif d’alimenter des projets de recherche biologique, par exemple pour définir des cibles thérapeutiques ou comprendre les mécanismes cellulaires/moléculaires de la cancérisation (bed to bench). Ce type de recherche est facilité par la proximité géographique de notre laboratoire de recherche avec le Centre Hospitalier Universitaire de Besançon où les biologistes, les cliniciens et les animateurs du thème HPV de l’axe biothérapie du CIC1431 mènent leurs activités. Notre laboratoire est aussi porteur du Centre National de Référence Papillomavirus (www.cnr-hpv.fr) qui assure des missions d’expertise microbiologique, de conseil, de surveillance des HPV et d’alerte auprès des institutions.
Les travaux réalisés dans notre laboratoire vont des recherches fondamentales en biologie cellulaire et moléculaire jusqu’aux études épidémiologiques, avec une participation au registre des tumeurs du Doubs et du Territoire de Belfort, à l’association de dépistage du cancer du col de l’utérus EVE et au cancéropôle Est.