Retour sur la finale régionale de « Ma thèse en 180 secondes »

Crédit photo : François Jouffroy

Delphine Vennat, Thibault Guegan et Abdo Khoury ont remporté la première étape de MT180, un concours de vulgarisation sous forme de spectacle organisé le 12 mars pour les lycéens et le grand public.

Delphine Vennat, qui a remporté le prix du jury, est docteure du Laboratoire de psychologie de l'université de Franche-Comté.
Delphine Vennat, qui a remporté le prix du jury, est docteure du Laboratoire de psychologie de l'université de Franche-Comté.

Ils n’en menaient pas large, dans les coulisses, avant de monter sur la scène du théâtre de Montbéliard…  Les dix doctorants UBFC candidats au concours « Ma thèse en 180 secondes » arpentaient les couloirs sombres, marmonnant leur texte, affinant leur gestuelle, ajustant leur micro… Après plus d’un mois de préparation, la pression était à son comble.

Aliénor Perrodin, laboratoire CREDESPO, Université de Bourgogne.

Le principe de ce concours international qui existe maintenant depuis 7 ans et qui s’adresse à tous les doctorants est de faire comprendre le contenu de sa thèse, de manière attractive, à un public novice, le tout en moins de trois minutes. Un exercice difficile, pour ne pas dire un véritable défi pour ces jeunes chercheurs ultra-spécialisés focalisés sur leurs travaux.

Pour s’y préparer, tous les inscrits ont pu bénéficier d’une première journée de formation au cours de laquelle ils ont échangé avec leurs « coaches », pour déterminer la meilleure manière de présenter leurs recherches. Ils ont ensuite mis à profit ces conseils et leurs idées en produisant une première vidéo. Au cours de la seconde journée de formation, les dix candidats pré-sélectionnés se sont entraînés avec un metteur en scène.

Le doctorat, pourquoi pas ?

Le 12 mars, ils se sont lancés, l’après-midi devant un parterre d’adolescents venus d’établissements scolaires alentours, et le soir devant un public adulte. Au total, près de 400 personnes. C’est Abdo Khoury, un médecin urgentiste, qui a conquis les faveurs des lycéens, avec sa prestation sur la ventilation des personnes en arrêt cardiaque et ses références à l’acteur Georges Clooney. « Qu’on soit bon élève ou moins bon, il n’est pas interdit de se rêver docteur », a-t-il ensuite expliqué aux jeunes lors des échanges qui ont suivi la représentation. Cette rencontre était effectivement l’occasion de leur montrer que le doctorat ne doit pas faire peur, qu’on ne s’y destine pas forcément depuis toujours, qu’on se découvre souvent l’envie de poursuivre au cours de son parcours, ou même après être entré dans la vie active. Pour preuve, plusieurs candidats de cette édition 2019 travaillent déjà en dehors de leur laboratoire, à l’instar de Franck Chaput, que sa passion a conduit à entamer une thèse sur les interactions entre les neurosciences et le e-marketing.

Abdo Khoury, lauréat du prix des lycéens, mène ses recherches au laboratoire Marqueurs pronostiques et facteurs de régulation des pathologies vasculaires et cardiaques de l'université de Franche-Comté.

Cette année, le panel des thématiques abordées était très vaste. Avec Aliénor Perrodin, le public a découvert qu’il existe une recherche en droit et que celle-ci peut avoir une vocation humaniste. Avec Alexandre Flage, ils ont constaté que l’économie se préoccupe aussi de sujets de société, comme la discrimination dans l’accès au logement. Nabil Omri a su mettre en valeur avec humour l’utilité de son travail de thèse en intelligence artificielle pour les industriels, rappelant au passage que les doctorants peuvent aussi se partager entre le laboratoire et une entreprise d’accueil. Abderrazak Chahi a montré comment un « cerveau numérique » peut enquêter sur l’écriture et aider la police. Nastasya Winckel a fait un amusant parallèle entre le territoire comtois et la Comté du Seigneur des anneaux, pour aborder l’épineuse question de la réindustrialisation. Camille Jeannot, enfin, a su faire preuve de pédagogie pour expliquer de façon dynamique ses calculs sur les roulements à bille.

Camille Jeannot, doctorante à l'institut FEMTO-ST (université de Franche-Comté, ENSMM, UTBM - CNRS)

Petits pois et maternité

Le match était d’autant plus serré que tous les candidats ont réalisé des prestations remarquables. Ce sont finalement Thibault Guegan, en agroécologie, et Delphine Vennat en psychologie, qui ont remporté respectivement le prix du public et le prix du jury. Le premier pour sa présentation des cultures associées de blé et de petits pois sous un angle matrimonial, la seconde avec son audacieuse introduction chantée sur le thème du film Le roi lion pour rappeler l’importance de l’entourage familial dans le « devenir mère »… Ces deux vainqueurs se rendront début avril à Paris pour concourir en demi-finale. 

Mais pour eux comme pour tous les autres, c’est avant tout ce qu’ils auront appris et réussi à partager avec le public qui restera une expérience indéfectible. 

Thibault Guegan a remporté le prix du public. Il travaille au laboratoire Agroécologie de l'université de Bourgogne et Agrosup (INRA / CNRS)

Crédits photos : François Jouffroy

Contact :
Collège doctoral UBFC

Publié le 14/03/2019
Auteur : Delphine Gosset