Mohamed Kas : « J’entraîne l’ordinateur à reconnaître les émotions »

Crédit Photo : J.A. Leque

Mohamed est doctorant UBFC. Il prépare sa thèse au laboratoire Connaissance et intelligence artificielle distribuée (CIAD) et à l’UTBM. Son domaine : l’intelligence artificielle.

Si les ordinateurs et smartphones de nouvelles générations peuvent reconnaître nos visages et analyser nos voix, ils restent à l’heure actuelle incapables d’analyser nos émotions à partir d’une simple image.

Développer un cerveau numérique doté d’une telle aptitude, voilà l’objectif du doctorat de Mohamed Kas1. Pour cela, il utilise une forme de programmation particulière qui rend l’ordinateur capable d’apprentissage plutôt que de lui donner des commandes explicites à l’ordinateur pour le guider pas à pas. L’algorithme est conçu pour se concentrer sur les points du visage (sourcils, nez, yeux et bouche) dont la configuration se modifie selon les états émotionnels. On lui soumet ensuite des images de visages en lui indiquant chaque fois à laquelle ses sept émotions basiques ou complexes elles correspondent. Il peut s’agir de joie, de tristesse, de surprise, de colère… ou de mélanges de celles-ci. À partir de toutes ces photographies, l’ordinateur va construire son propre modèle. Plus on lui soumet d’images, plus l’algorithme devient efficace. Cette forme « d’apprentissage machine » rappelle le fonctionnement du cerveau humain.

Une fois élaboré, cet algorithme pourra être implémenté dans un smartphone, ou dans un robot intelligent… Les applications potentielles des recherches de Mohamed sont nombreuses. « On peut imaginer faciliter l’enseignement en ligne, en étudiant les expressions faciales des élèves, ou encore aider les enfants autistes à comprendre les émotions », explique-t-il.

  1. Mohamed prépare sa thèse en cotutelle avec l’université Ibn Tofaïl Kénitra et est lauréat d’une bourse Eiffel.

Contact :
Mohamed Kas
mohamed.kas@utbm.fr
CIAD

Crédit photo : AbsolutVision sur Pixabay

Publié le 28/02/2019
Auteur : Delphine Gosset